angus

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jeudi 2 septembre 2010

Félix

I.

Cul-de-jatte et cul-terreux
la bouette sur le derrière
par de là la rivière
le postérieur bafoué
les fesses en tout-trempe
Kenny en devenir
le skate aux roues usées

les jambes à la chainsaw
le cœur en libellule
la gente-demoiselle
enfant de Tchernobyl
et de Hiroshima

la grandeur d'Einstein

relativise ta vie
poésie coup-de-poing

enfant soldat
un pas de trop
sur les mines d'Asbestos
qui t'expose le visage
d'enfant chéri
de l'innocence
de l'ectoplasme
de l'indulgence
comme un spasme
en devenir

...tu grandis trop vite...

à 6 pouces du sol
lumière et grande noirceur
enfant de Duplessis
Orphelin par dessus l'marché
au coin d'Atwater
au coin de Jean-Talon

t'es une aubergine...

nain de foire
nain d'occasion
nain de jardin

ça nous apprendra
à cadastrer nos terres

II.

Manges-garnottes
mon tout-petit
mal dans ta peau
marmaille endolorie

té trop là
dans tes black-outs
de mal-de-vivre
de pas-normal
déjà 5 ans
déjà-déjà

j'te prend tout croche
un sans-abris
avant son temps
un p'tit crisssssss
un peu tout l'temps

- sais pas s'que j'suis
Sois donc toi même
en devenir
toé mon enfant


on s'en peut pu
de notre amour
té tellement toé
té tellement vras
té trop mirroir...
j'te saisis pas
j'te comprends pas
pis des fois oui...

té brut
un diamant du Cap
tellement plus loin

je t'aime mon gars
en mal-habile
en mal-à-l'aise
en mal-à-boutte
en Malamuth

Un chien en range
c'qui te travaille
ce qui me gruge
un os à moëlle

...je t'aime...
...de tout les psy...
...je t'aime...
...encore d'aplomb...

encore ton père...

Félix, des fois tout l'temps
Félix tout l'temps des fois
Félix...tout l'temps tout l'temps

je t'aime...signé Papa

lundi 16 août 2010

Pour ma femme

Mon amour
mon rhododendron
m'aimes-tu encore
quand je suis moé
dans mon trop plein
d'indifférence
de convergence
de nos idées

on s'rabougrie
appelles ça de la tendresse
t'as un peu de gris
de sur tes tresses
et moi de même

j'nous sens vieillir
j'haïs pas ça
et mes 30 ans
bientôt les tiens

té belle en saint- sacrament
té belle en crisse ,té belle cibole,
té belle en câlisse , té belle en viarge
même après moé

je t'aime, j'nous aime
ensemble
pi pas ailleurs
parce qu'ailleurs
c'est trop loin
ou trop proche
la mer, l'aroche
le sable, la plage

ton bikini, c'est beau quand té dedans

tes p'tits seins mous
tes p'tits seins fermes
selon humeurs
sont toujours là
femme bionique
de 100 millions
de trop de toi

tes p'tits seins hauts
tes p'tits seins bas
comme une primeur qui me rappelle
tu m'rammasses à la pelle
encore dans l'coin

je rêve de toi
j't'appelle tout bas

pi tu réponds!

lundi 2 août 2010

Je suis

J'écris
à mon Horizon, à mon diapason
face à Face avec les absents
dos à dos avec mon ombre
j'ai l'énergie irritée
j't'au pied du mur
y cherche à me tomber dessus...
j'ai la profession manquante

aveugle
j'ai le soleil du mauvais côté de la rétine
j'ai p't être le rayonnement facile
mais la chaleur me manque...
...bienvenue dans le club des grands brûlés...
pas que j'aille besoin de changer d'épiderme
mais la chaire se consume
pi l'estime du même coup...
la chaleur me manque

je vis
avec mon ouragan
mon espoir réticent, mon abandon calculé
j'ai la salaison facile
la Sallette pas trop pire
l'érection campagnarde, pi l'bébé citadin...

je suis
personnage à l'ivresse facilement identifiable...
la nordicité dans mes veines
la docilité dans mes peines

à soère, l'amour s'déchire
scindé en deux

j'ai juxtaposé mes rêves
après le grand schisme
du cœur qui tempère, du cœur qui carbure
sado-maso d'après tempête.

j'ai pigé ton nom, le litige est mien...

quand mon cœur devient briquette de charbon
j'me ferme la gueule à temps partiel
silence sporadique

j'ai les orteils dans le rouge
le feu au cul
l'orange au tropique
la tempe disciplinée
sous le canon d'un revolver
comme une cellule de plomb
qui explose tel un soldat...

...jamais général...
...jamais général...

...jamais général...

mercredi 28 juillet 2010

Ti-Jean

I.

Sans bruit le désert

sur terre de débris

l’oasis se fait rare

et s’effrite les galets

comme la peau d’un vieillard

les feuilles mortes en audition

sur l’asphalte raide

les mains rigides, l’œil alourdi

le stress vainqueur

le stress conquérant

le tétanise

ses souvenances se distance

le lot des arpailleurs

d’idées nouvelles déjà vieillies.

et l’automne tarde…

et s’en vont les outardes…

quand même…

II.

un intermède sans interlude

c’est mieux avec une bière d’in mains

comme un hiver passé dans l’sud

comme un hiver sans son sapin

pas d’boule de Noël

pas d’crèche su’a neige

pas d’mononcle ben swell

pas d’cheveux d’ange, sapin allège

les révérences sont faites

les révérends en fêtes

le vin d’messe à messe de minuit

pour les p’tits, on les baptiseras demain…

Jean Prospère en d’ssous d’une table,

Jean Espère derrière l’étable

Jean Maudit par ses confrères

Jean Petit…encore une bière

Jean Chéri…encore un verre

Jean Dans l’lit, baise sa misère...